Je me souviens aussi de Marianne James qui passait derrière la foule à l'entrée du studio... Bien entendu, comme c'était un groupe qui avait en majorité "vu l'arc en ciel"

tout le monde a commencé à l'appeler, elle ne s'est pas arrêtée, a souri et a fait "chut" avec un doigt devant la bouche...
Il y avait aussi les mamies professionnelles du public. Des abonnées. Elles ignoraient jusqu’au nom de l’invitée principale (et d’ailleurs, cela leur était parfaitement égal). Elles venaient pour voir et être vues

. C’était leur sortie hebdomadaire, version vison et permanente impeccable.
Mon père, ma soeur et une de ses amies nous avaient accompagnés pour le mardi. Mon père était placé près de la scène, donc on le voit sur la presta de Sylvie et de Nolwenn. Il nous avait d'ailleurs dit que cette dernière était rapidement retournée derrière l'écran avant d'enregistrer sa chanson et il l'avait entendue faire ses vocalises ^^. J’aime beaucoup l’idée que mon père ait partagé quelques secondes d’intimité sonore avec elle.
Ma sœur et son amie, dans un élan de sororité mal calibré, avaient décidé de s’habiller exactement de la même couleur. Le genre de décision qu’on prend avec enthousiasme et qu’on regrette sous l’œil impitoyable d’un régisseur.

fait qu'à leur grand bonheur elles avaient été séparées... L'amie était juste derrière Chantal Goya. Nous avions eu pour mot d'ordre de ne pas regarder les moniteurs en hauteur, de nous concentrer sur le canapé... Donc bien entendu, à la télé on voit l'amie qui soudainement se voit dans le moniteur et qui remet ses cheveux en place

Je lui en reparle encore aujourd'hui et ça nous fait bien rire.
Ma sœur, elle, a failli succomber à un fou rire pendant le magnéto de la prestation de Chantal Goya. Il faut dire que certains jeunes qui l'accompagnaient semblaient jouer leur propre biopic. Trop d’enthousiasme, trop de démesure dans les yeux écarquillés, dans les sourires forcés ou alors un mystérieux complément alimentaire pris en coulisses.
Plus tard, en sortant, ma soeur a aperçu Nolwenn... Elle l’appelle doucement. Une fois. Deux fois. Rien. À la troisième tentative, elle abandonne toute bienséance et hurle son prénom comme dans une tragédie antique. Nolwenn se retourne enfin. Et ma sœur obtient enfin son selfie