
J'ai regardé la saison 4 de MONSTRE(S).
Cette fois-ci, Ryan Murphy s'est penché sur le cas de Lizzie Borden, accusée d'avoir sauvagement tué son père et sa belle-mère à coups de hache à la fin du XIXᵉ siècle. Elle n'a finalement pas été reconnue coupable, mais le doute demeure encore aujourd'hui dans l'inconscient collectif. Une comptine pour enfants (!) fait d'ailleurs directement référence à cette histoire.
J'avais plutôt bien apprécié les saisons précédentes à des degrés différents : Jeffrey Dahmer pour la première, les frères Menendez pour la deuxième et Ed Gein pour la troisième. Cette quatrième saison m'a également bien plu dans l'ensemble, même si certains choix m'ont davantage dérangé.
Le premier concerne le parti pris scénaristique : bien que Lizzie Borden ait été acquittée, la série part directement du principe qu'elle est coupable. C'est un choix qui peut se défendre sur le plan narratif, mais qui pose forcément question lorsqu'on sait à quel point les faits sont finalement peu documentés, notamment en ce qui concerne sa vie privée. Les scénaristes ont donc dû imaginer ou extrapoler un certain nombre d'éléments afin de construire leur intrigue.
On retrouve également, une fois encore, une dimension LGBT dans le récit. Et je commence à trouver ce procédé un peu redondant. D'autant plus qu'avec le recul, cela finit presque par devenir un point commun entre les différents « monstres » de la série : attirance pour le même sexe à un moment de leur vie, questionnement autour de leur identité ou encore prédispositions au travestissement… À force, cet aspect revient tellement systématiquement qu'il finit par perdre de sa pertinence et, surtout, par donner l'impression qu'il fait partie intégrante du portrait-type des personnages de la série... de ces "monstres".
Depuis la saison précédente, Murphy a également choisi d'évoquer brièvement l'influence que ces affaires ont pu avoir, par la suite, sur des cinéastes ou sur d'autres criminels. L'idée peut être intéressante, mais cette fois-ci, cette partie prend beaucoup trop de place. Et surtout, elle repose largement sur des éléments totalement fictifs. Résultat : j'ai trouvé l'ensemble de ce passage assez indigeste.
La série établit ici un parallèle avec Aileen Wuornos, tristement célèbre pour avoir tué au moins sept hommes à la fin des années 1980, tout en ayant toujours affirmé qu'il s'agissait de cas de légitime défense. Je comprends parfaitement l'intérêt du parallèle avec Lizzie Borden, notamment autour de la manière dont ces deux femmes ont été perçues et traitées par la justice et la société. Mais, pour moi, le rapprochement aurait très bien pu s'arrêter là.
Car le personnage d'Aileen Wuornos apparaît dans trois épisodes sur huit, dont deux où elle occupe pratiquement la moitié du temps d'écran ! Et pour incarner le personnage, Murphy fait appel à Sarah Paulson, l'une de ses actrices fétiches. C'est un choix qui lui ressemble : Murphy aime retrouver les mêmes comédiens au fil de ses séries et de ses différentes saisons, en leur confiant à chaque fois de nouveaux rôles. Pourquoi pas. Mais ici, je trouve que ce choix dessert plutôt la série. Sarah Paulson est une actrice très identifiée à l'univers de Murphy et sa présence a forcément attiré énormément l'attention médiatique… parfois davantage, à mes yeux, que l'actrice qui interprète pourtant le personnage principal, Lizzie Borden...alors qu'elle ne démérite pas.
Et surtout, j'ai vraiment eu le sentiment que le personnage d'Aileen Wuornos n'était là que pour faire du remplissage. Sa présence dans un seul épisode aurait, selon moi, été largement suffisante pour établir le parallèle souhaité.
C'est finalement ce qui m'a le plus agacé dans cette saison. La saison reste globalement bonne et j'ai pris plaisir à la regarder, mais certains choix scénaristiques et cette place beaucoup trop importante accordée à Aileen Wuornos m'ont parfois sorti de l'histoire. C'est dommage, parce que le cas de Lizzie Borden était à lui seul suffisamment fascinant pour porter toute une saison.