En chochotte pleinement assumée, moi les films d’horreur… comment dire… je les regarde un peu comme on regarde un plat très épicé : avec curiosité, mais de très très loin.
Mon premier contact avec la saga, c’est mon cousin. Chez ma grand-mère. Il avait ramené la VHS du deuxième film. Déjà, un deuxième film comme première rencontre, on sent que ça ne va pas être une promenade.
Et il me dit, très rassurant :
« T’inquiète pas, je vais passer les moments qui font peur. »
Évidemment, vous voyez venir la fourberie familiale. Il n’a mis
que ces moments-là. Ou du moins ceux qui, pour lui, étaient amusants… et pour moi, absolument traumatisants. Pendant trois nuits, je n’ai vu qu’une chose : le masque. Partout.
Comme si ça ne suffisait pas, mon frère jumeau avait acheté le masque de Ghostface pour Halloween. Et il lui arrivait, par pur esprit fraternel, de le sortir les jours où je l’embêtais un peu.
Donc la séquence était toujours la même :
Ghostface dans le couloir…
Moi : hurlements…
Puis crise de larmes…
Puis lui qui se marre comme un méchant de dessin animé.
Une enfance tout à fait équilibrée.
J’ai ensuite découvert une partie de la saga grâce à
Scary Movie. Ce qui est une manière très confortable de découvrir un film d’horreur : tout le monde court, mais pour des raisons ridicules. Plus tard, pendant mes études de cinéma, nous avons étudié l’introduction de
Scream.
Je dois avouer que j’ai fermé les yeux à certains moments. Mais j’étais là. Enfin… disons que j’étais présent intérieurement.
Ce qui est étrange chez moi, c’est que je ne supporte pas les films d’horreur, je suis beaucoup trop empathique pour ça, et pourtant je suis très curieux. Alors je lis les résumés très détaillés, je cherche à savoir ce qu’il se passe, qui tue qui, pourquoi… mais sans jamais regarder les images.
Je connais donc assez bien les grandes lignes de la saga
Scream, tout en continuant soigneusement à éviter les films eux-mêmes. Une forme de culture à distance.
Ces derniers temps, je regarde même des vidéos de youtubeurs qui découvrent les films. C’est parfait : il y a un intermédiaire entre moi et l’écran, un petit filtre émotionnel.
Pendant longtemps, je n’avais pas vraiment perçu l’aspect comédie méta de la saga. Ce qui est logique : quand on évite les films d’horreur, on rate forcément leurs blagues internes. Mais aujourd’hui c’est devenu très clair. Bon, cela dit, ce n’est pas demain la veille que j’irai voir un film d’horreur au cinéma. Même un
Scream tout neuf. En revanche, j’avoue que j’étais assez impatient de voir comment ils allaient construire le scénario du septième volet…Et surtout, j’ai hâte de découvrir comment Ghostface va revenir dans
Scary Movie 6. Parce que là, au moins, je pourrai regarder sans planifier trois nuits d’insomnie derrière.