1. Avez-vous acheté cet album à l'époque ? Quand l'avez-vous découvert ? Sur quel support ?
Oui, le 33-tours, enfin, plutôt mes parents, pour Noël 89. Je ne sais plus quand je l'ai découvert, mais certainement au cours d'un Club Dorothée... Beaucoup plus tard, comme pour d'autres albums, je l'ai racheté en CD. Et sans avoir le CD à l'époque de sa sortie, c'est à travers ce disque que j'ai vu pour la première fois de ma vie un CD: j'avais été fasciné par les effets multicolores, je trouvais que c'était de la science-fiction!
2. Qu'en pensez-vous ?
Il représente beaucoup pour moi, à la fois en raison de mes souvenirs familiaux, et aussi parce qu'artistiquement, j'avais l'intuition qu'il y avait un virage et cette Dorothée très rock me plaisait beaucoup. Pour moi, c'était vraiment un truc de punk!

Et je trouvais "Dorothée rock" hyper politique, avec son côté féministe.

C'est aussi, avec Chagrin d'amour, le seul album de Dorothée que je pouvais écouter sans zapper certaines chansons que je ne supportais pas. Je le trouve aussi très varié au niveau des styles, j'ai l'impression qu'il y a eu une vraie recherche dans ce sens-là.
3. L'écoutez-vous encore aujourd'hui ?
Plutôt par bribes, sauf toute la face A en famille la veille du concert de Bordeaux, pour s'ambiancer. C'était génial! Entre grosse poilade et émotion.
4. Trouvez-vous le choix des singles judicieux ?
Je n'avais pas trop fait gaffe aux singles, mais je sais qu'il y a eu "Nicolas et Marjolaine". Donc oui.
5. Des prestations télé vous ont-elles marquées ?
Dorothée en Mylène Farmer chez Patrick Sébastien. Et beaucoup plus tard, en 96 ou 97 lors d'un mercredi aprèm au Club Do, où elle a chanté deux chansons de cet album: Nicolas et Marjolaine et, presque sûr, Tremblement de terre. Ça m'avait frappé car je trouvais déjà ça vintage (dans le bon sens du terme). J'ai ressenti une sorte de nostalgie, parce que ça tranchait avec l'ambiance beaucoup moins délurée du plateau et sans l'équipe au complet, et je me rendais compte que Dorothée avait bien changé depuis (plus lasse, plus fatiguée). Et moi aussi...
6. Quels clips aimez-vous ?
Tous! Particulièrement celui de TDT, en version plateau et celui de Gédébé. J'étais dingue de la Dorothée extraterrestre, dont je trouve les séquences trop courtes. L'idée et le costume étaient vraiment originaux. Le jour où j'ai revu ce clip sur Internet, avec mon frère on était fous. J'ai revu avec beaucoup de plaisir le clip de Ma nouvelle valise: outre la Dorothée solaire, on sent un véritable esprit de groupe et beaucoup de bonne humeur.
7. Aimez-vous les visuels ?
Oui. Tellement symboliques de cette époque à plein de niveaux. Et l'idée de déchirer la pochette est, là aussi, originale. Sur le dessin que ma filleule a remis à Dorothée au concert de Bordeaux, elle la représente avec sa veste bleue, ses santiags et son jean, alors qu'elle avait l'embarras du choix niveau iconographie. Moi je dis: il n'y a pas de hasard!
8. Le choix des chansons sur scène ?
Nickel.
9. Auriez-vous aimé d'autres chansons exploitées sur scène et en singles ?
Je sais pas, peut-être Des ailes à mes souliers. Et puis je trouve que Dorothée excelle dans le registre des chansons lentes/mélancoliques: Une lettre par avion, Pourquoi et Dou Dou Dos auraient peut-être pu avoir une plus grande longévité scénique. Mais il n'est jamais trop tard... Mais comment également la prestation de "Pourquoi" à Bercy 90?
10. Une anecdote particulière ?
Beaucoup trop d'anecdotes! Globalement, je me revois l'écouter tout le temps avec mon casque vissé sur ma tête, complètement fasciné par la musique, les sonorités, la voix, les paroles, les images que ça m'inspirait... J'écoutais beaucoup l'album chez mes grands-parents. C'est mon grand-père qui descendait changer la face du disque (bon on s'en fout mais c'est un des rares souvenirs sympas avec mes grands-parents).
Je me souviens qu'il y avait un flyer avec une pub pour Bercy dans le disque, contenant un coupon de réservation. Je pense que c'est grâce à ça que mon père a décidé de nous y emmener. Mais, peut-être qu'il nous a pris comme prétexte, car... il est revenu complètement fan du concert de Bercy, mais à un point! Pendant un moment, il m'a même piqué le disque pour le faire écouter à ses potes. J'étais hyper fier de "MA" chanteuse pour enfants, et de mon père qui avait de si bons goûts!
Maintenant, comme si ça ne suffisait pas, entrons dans le détail des anecdotes chanson par chanson.
Pour "Tremblement de terre", le pont "c'est c'est c'est" nous faisait déjà marrer enfants. Ça me revient aussi que quand on l'écoutait en groupe, je me la pétais comme la Dorothée extraterrestre pour faire sortir des éclairs de mes mains, mais ils ne sortaient pas.
Double anecdote pour "Nicolas et Marjolaine". C'était la chanson préférée de ma mère. Quand on l'a réécoutée récemment, elle m'a dit qu'outre la mélodie, c'était parce que ses paroles racontent la vie, et que leur force réside dans leur simplicité apparente, qui va à l'essentiel. Depuis les concerts de 2026, je garde cette explication comme un mantra pour beaucoup de chansons de Dorothée. Ça été une révélation tardive pour moi

. Ma mère étant décédée depuis, après l'émission "Merci Dorothée", j'ai voulu faire écouter à mes nièces "la chanson préférée de leur grand-mère" en version Bercy 90. Elles sont restées littéralement hypnotisées devant l'écran, l'une à côté de l'autre, main dans la main, à balancer la tête en rythme. C'était extrêmement émouvant. Elle ont découvert Dorothée ce soir-là, et ne l'ont plus quittée (d'où le concert de 2026). Sur cette chanson, au Zénith de Nantes, j'ai beaucoup pleuré.
Alors qu'enfant, je détestais absolument toutes les "valises" de Dorothée, Ma nouvelle valise fait figure d'exception. J'ai tout de suite accroché. Et quand je l'écoute aujourd'hui, ça m'emplit d'une grande nostalgie, et ça me fait beaucoup rire.
Mon père (ce héros dorothéen!) n'attendait que le moment du pont musical de "Pourquoi" pour mimer le solo de guitare comme un malade.
Quand on attendait à l'extérieur devant les portes avant d'entrer dans Bercy pour le concert, j'ai été spoilé par Dorothée elle-même: je l'ai entendue répéter avec les musiciens un bout de "La Maison du bonheur".
Mon père (ça faisait longtemps!) était tellement imbibé de cet album que parfois il chantait le refrain, très varié, de Dou Dou Dou, même des années après, à tel point que ça me saoulait (pourtant j'adore cette chanson).
Quand j'écoutais Des ailes à mes souliers, j'avais l'impression d'entrer dans un film d'époque, c'était géant.
Le disque était rayé sur "Une lettre par avion": j'adorais cette chanson, mais en raison de la rayure, elle me faisait aussi peur!

Sinon mon père (encore lui!), en l'écoutant, me disait que c'était de la bonne variété. J'ai réalisé avec cet album que Dorothée pouvait aussi plaire aux adultes.
À ma grande surprise, ce vinyle, que j'ai désormais légué, comme le reste de ma collection, à mes nièces depuis qu'elles sont entrées en fanitude, est encore en état de marche. Il n'est plus rayé sur "Une lettre par avion"', mais sur "Nicolas et Marjolaine".