Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

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damzal
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Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par damzal »

Bonsoir à toustes!

Je ne sais pas si ce topic intéressera grand monde ni s'il est au bon endroit, ou si j'intellectualise trop, mais je vous propose un café politico-philo avec un brin de psychologie de comptoir des foules sentimentales autour de... Dorothée, et surtout de tout ce que ça dit de notre pays, de nous, des autres, etc.

Pour schématiser, ça me semble évident qu'à l'époque, tout l'univers dorothéesque était super clivant, mais avec un consensus: on adorait ou on détestait, mais il fallait en tout cas surtout ne pas se risquer à en dire du bien. C'est d'ailleurs probablement une des raisons pour lesquelles je me suis attaché à cette figure: il y avait paradoxalement presque quelque chose de transgressif à aimer et défendre cet univers. D'ailleurs, j'ai cru comprendre que beaucoup de spectateurs sont allés aux concerts de 2026 pour la première fois de leur vie car ils n'avaient pas le droit de regarder Dorothée chez eux gamins, et que c'était pour eux comme une réparation ou une revanche. Bref, avant, il y avait un aspect presque "politique" avec tout ça tant les débats étaient enflammés, même chez les adultes, du moins à travers mes yeux d'enfant. Avec le temps, et à travers les médias et les réseaux sociaux, j'avais l'impression que c'était plutôt l'inverse qui se produisait: un consensus -mais les consensus sont toujours louches- sur le fait que Dorothée, c'était génial, et quelle personnalité extra, et bravo, et tout ça tout ça. Je trouvais ça cool parce qu'elle était connue, mais surtout enfin reconnue, même si je trouve que pour le coup, on passe un peu trop sous silence les autres aspects moins reluisants. Et j'ai vu aussi que les générations qui ne l'ont pas connue à l'époque s'y intéressent, ce qui à mon sens veut dire qu'il y a quelque chose qui est passé de l'ordre de la qualité du travail fourni à l'époque, quel que soit l'endroit où se situe cette qualité.

Or cette image plutôt très positive, relayée en ligne ou dans les médias, qu'a désormais Dorothée, dès qu'on en parle aux gens qu'on connaît en vrai en 2026... c'est plus du tout le cas. Comme pour l'émission "Merci Dorothée", que tout le monde dans mon groupe d'amis avait regardée, à tel point qu'on en avait parlé une bonne partie du lendemain. Mais quelques minutes après les louanges et les larmichettes de nostalgie, c'était -pour schématiser- les sempiternels "Elle aimait pas les enfants", "Elle chantait en playback à Bercy" (de la part de quelqu'un qui y était), "Qu'est-ce que c'était con", "Qu'est-ce qu'elle était moche", etc. Bref, un vrai retour dans les années 90, pour le coup (j'ai parfois l'impression que c'est eux qui y sont bloqués et pas moi). Un peu une douche froide. Qu'on n'aime pas ce qu'elle fait, je respecte évidemment. Qu'on ressorte les mêmes conneries (souvent fausses) et qu'on ne respecte pas son travail ni, quelque part, le public... surtout quand ce sont ces mêmes gens qui critiquent qui en font partie, j'ai déjà beaucoup plus de mal à comprendre. Et c'est là que j'ai besoin de votre aide.

C'est pourquoi, depuis quelques jours, je redescends de mon nuage surtout parce que dès que je raconte plus de 5 minutes à mon entourage ce que j'ai -on a- vécu aux concerts de 2026, et ce que ça représente pour moi (et pour beaucoup de monde, à mon grand étonnement), les gens commencent à flipper et à rigoler. Peut-être qu'on s'enflamme trop, faut dire. 1)-( Il est vrai que juxtaposer sans préambule "Dorothée" à "qualité", "immense artiste" et "personnalité exceptionnelle" peut faire tiquer, mais j'ai besoin de l'exprimer car c'est vraiment ça que j'ai ressenti avec mes yeux d'adulte (yeux d'adultes qui ont personnellement trouvé que l'album 2010 était de la daube finie). En plus de sa sincérité évidente, qui était, fondamentalement, ce qui était remis en cause à l'époque. Et mon frère et mon père se heurtent au même problème, à tel point qu'ils m'ont appelé pour m'en parler! Par conséquent, je me demande si ce n'est pas nous qui débloquons, et moi particulièrement, et que je n'ai que mes yeux d'enfant sans aucun regard critique. À tel point que je n'ose même pas en parler à ma psy, de peur d'être pris pour quelqu'un de complètement taré (cela dit, elle l’a certainement déjà remarqué 1)-( ). Du coup, maintenant, je ferme ma gueule, sauf sur ce forum, et sur les cellules de soutien psychologique des groupes Facebook liés à la dépression post-concert (je trouve ça énoooorme d'ailleurs). :D

Bref, je me demande si Dorothée ne reste pas hyper clivante aujourd'hui malgré tout... à moins que ça soit le reflet (attention!)... de nos propres clivages : monde de l'enfance/monde des adultes qui ne doivent pas cohabiter, les cases dans lesquelles on range les gens en France, la peur sociale d'être assimilé à un truc populaire, etc. Par exemple, ce sont des amis -que j'adore au demeurant!- qui m'ont traîné à Bercy en 2010 (je ne voulais pas y aller au départ). Ils s'y sont, tout comme moi, clairement bien, bien éclatés, dont une qui a éclaté en gros sanglots d'émotion à plusieurs reprises. Mais ils m'ont un peu gâché mon plaisir avant, pendant et après le concert, comme quand j'étais gamin et qu'on me ressassait que j'aimas de la merde: en n'assumant pas leur Dorothémania finalement assez avancée, en inventant n'importe quoi la veille lors d'un dîner pour dire qu'ils ne seraient pas dispo le lendemain, en disant que les gens qu'on croisait étaient complètement teubés, que j'étais le seul à fond, etc. Et dès qu'on en parle en groupe aujourd'hui (parce qu'ils ont des amis qui ne se remettent pas qu'on ait fait ça et nous en parlent TOUT LE TEMPS), ils se foutent de ma gueule, alors qu'ils ont quand même pris une part extrêmement active à cet acte criminel :D. Avant-hier, ils étaient à fond quand je leur ai parlé des concerts, me parlent de Dorothée en termes ultra-élogieux, mais je suis à peu près certain que dès qu'on se retrouvera tous en groupe, ils se pinceront le nez. À tel point que j'hésite à partir ce week-end avec eux avec des potes, parce que le sujet va forcément retomber, et moi j'ai besoin de dire que j'ai ultra-kiffé le moment sans me sentir humilié ou pas respecté, ou être pris pour un fou.

Cela dit, je trouve que ça dit vraiment quelque chose de notre époque actuelle et passée, et du lien qu'on entretient avec pas mal de choses. Et du fait que malgré elle, Dorothée déchaîne les passions, encore aujourd’hui. Mais pourquoi ? :o

Ça nous emmène peut-être très loin de Dorothée, mais je serais curieux d'avoir votre ressenti à vous, et si vous vous heurtez aux mêmes problèmes que moi!
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Téva_2025
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Téva_2025 »

Dorothée, c'est comme Barbara : un plaisir solitaire...
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M@rie5630
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par M@rie5630 »

Damzal, dans ce que vous écrivez, je me retrouve dans beaucoup de choses (sauf la partie 2010, mais ça, c’est une autre histoire 😊).

Dans ma famille, depuis petite et encore aujourd’hui, Dorothée est presque un sujet tabou. Entre les critiques gratuites sur sa personnalité et celles sur ce qu’elle proposait dans ses émissions, j’ai souvent entendu une personne très proche me dire :
« Tu vas t’abrutir avec cette femme et ses émissions », « C’est pour les enfants, élève-toi un peu ! »
😡 Rien que d’écrire ces phrases, j’en ai encore la chair de poule et ça boue en moi.

J'étais souvent interdite de Dorothée. Et être menée a un concert n'en parlons même pas.
Effectivement les concerts 2026, c'est une revanche sur la vie, et aussi oui une réparation dans pleins de domaines.

À l’époque, comme aujourd’hui d’ailleurs, quand quelque chose me tient à cœur et correspond à qui je suis, j’ai tendance à y rester fidèle et à le défendre.
C’est exactement ce qui s’est passé avec Dorothée, sachant qu’elle a énormément apporté dans ma vie.

À l’école, elle était sous le feu des critiques. Du coup je voyais rouge. Entendre toutes ces critiques non fondées, à mon sens, me faisait vriller. La jalousie des gens je pense y était pour beaucoup. Mais je savais aussi que j’étais prise entre deux feux : la défendre ou risquer de me faire rejeter du bahut.
J’ai malheureusement dû jouer la carte de l’hypocrisie — ou plutôt de la protection — en faisant croire que j’étais du même côté que cette petite majorité qui ne l’aimait pas et la descendait en flèche.

Aujourd’hui, dans mon entourage, il n’y a finalement pas grand-chose qui a changé. En revanche, les changements sont venus de moi.
Maintenant, je la défends corps et âme, sans crainte de me mettre les autres à dos. Je vais vers ce qui me correspond. Oui, je prends son parti. Oui, je parle d’elle. Oui, je la valorise, justement, sans fioritures.
Et désormais, avec des mots d’adulte, j’explique ce qu’elle a apporté de manière générale, mais surtout ce qu’elle m’a apporté à moi.

Je me fiche royalement du regard des autres, encore plus quand il est négatif. Je n’ai honte de rien la concernant, je fais ma vie et elle en fait partie.
Mon propre job a favorisé un travail sur moi et m’a permis de comprendre certaines choses et de m’aligner avec mon moi profond. Et dans cet alignement, maintenant qu’elle est revenue, elle refait naturellement partie de ce chemin.

Et quiconque, devant moi, la critiquera aura droit à mes foudres… mais des foudres d’adulte : celles d’une personne capable de respecter le point de vue de chacun tout en expliquant clairement le sien, sans colère ni agressivité. Avec des mots directs et puissants — chose qu’on n’a pas forcément quand on est enfant.

J’ai eu l’occasion, durant les concerts et dans les posts des uns et des autres, de lire par exemple :
« J’assume de porter du Dorothée », « J’assume de porter le teddy où il y a marqué Dorothée ».
Et ça me fait de la peine, parce qu’on a presque l’impression d’être des pestiférés.

De mon côté, aujourd’hui, ce n’est même plus une question d’assumer ou non. Je porte ce que je veux, quand je veux, comme je veux. J'ai du Dorothée de partout, si mes idées, mes valeurs ne correspondent pas aux gens qui m’entourent, ils sont libres de partir. Je préfère être seule que mal accompagnée.

Et comme dit Teva_2025, ça se vit souvent en solo — en tout cas la partie concerts — mais au final, ce n’est peut-être pas plus mal.
Parce que tous ces “solos”, ensemble, finissent par former un groupe. Et ce que j’ai vécu lors des trois concerts que j’ai faits m’a montré qu’au fond, les gens qui aiment Dorothée, ce qu’elle fait, ce qu’elle représente et ce qu’elle propose, ses grandes valeurs, sont souvent de belles personnes. Des personnes qui partagent une certaine manière de voir, de penser et d’être… une manière qui ressemble justement à celle de Dorothée. Ce monde de la bienveillance, de la convivialité, qui n'est plus vraiment d'actualité dans ce monde présent ou règne avant tout la concurrence, la Sainte critique puissance mile, et j'en passe.

Pour ma part, Dorothée a été et restera une très belle personne, bourrée de plein de qualité, une grande référence. Une femme avec un respect incroyable, une humanité folle, une éducation digne de ce nom…
Le genre de personne qui va souvent à contre-courant, mais qui, au fond, est dans le vrai. Et comme disent mes amis espagnols un fenomeno!
En tout cas je l'aime pour tout ça, et elle sait qu'elle a un noyau fort autour d’elle (nous les personnes qui l'aimons pour ce qu'elle est), des personnes qui ont les mêmes valeurs, le reste importe peu.

Merci à elle, du fond du cœur, pour toutes les belles choses et les magnifiques valeurs qu’elle m’a transmises. ❤️❤️❤️ et je pense a bien d'autres personnes aussi.
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sniv
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par sniv »

Dorothée comme tout autre sujet est clivante uniquement quand on a à faire à des cons. Ça peut paraître exagéré mais je pense que quand on a besoin de prendre une posture supérieure aux autres par rapport à ce qu’ils écoutent, notre place est au collège, là où la hiérarchie des goûts domine et je refuse d’y retourner. S’il reste un bout de ça dans une personnalité adulte, c’est que quelque chose n’est pas réglé.

Même ceux qu’on pourrait défendre en mode « ils ne savent pas, pour eux, c’est Hou la menteuse », j’ai envie de dire quand tu sais pas, ferme ta gueule. La vie est trop courte pour s’emmerder à convaincre des gens qu’on ne serait pas inférieurs à eux parce qu’on a le (bon) goût de Dorothée.

Je méprise ceux qui la méprisent, c’est le moins que je puisse faire, c’est ma façon de ne plus être au collège.
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par M@rie5630 »

sniv a écrit : jeu. mai 07, 2026 07:45 Dorothée comme tout autre sujet est clivante uniquement quand on a à faire à des cons. Ça peut paraître exagéré mais je pense que quand on a besoin de prendre une posture supérieure aux autres par rapport à ce qu’ils écoutent, notre place est au collège, là où la hiérarchie des goûts domine et je refuse d’y retourner. S’il reste un bout de ça dans une personnalité adulte, c’est que quelque chose n’est pas réglé.

Même ceux qu’on pourrait défendre en mode « ils ne savent pas, pour eux, c’est Hou la menteuse », j’ai envie de dire quand tu sais pas, ferme ta gueule. La vie est trop courte pour s’emmerder à convaincre des gens qu’on ne serait pas inférieurs à eux parce qu’on a le (bon) goût de Dorothée.

Je méprise ceux qui la méprisent, c’est le moins que je puisse faire, c’est ma façon de ne plus être au collège.

Très bien dit Sniv!!!! 👍👍👍🙏🙏
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Twisto »

Mais tout le monde clive. On les voit aussi ceux qui disent que Céline Dion est moche, crie et ne sait pas chanter (LOL).
On les entend les gens qui ne comprennent pas ce que les gens trouvent à Mylène Farmer (moi le premier).
On les voit les gens qui voient Sardou comme un vieux beauf.
Peu de gens vont consensus... même Jésus.
Je ne trouve pas que Dorothée clive. Certains ne comprennent pas, ils ont le droit.

Dans les années 90, c'était différent, il y avait une critique forte sur le "système AB", souvent résumé à Dorothée en tant que système, pas en tant que personne. C'est exactement comme Hanouna quand il était sur C8 (beaucoup moins maintenant, j'ai l'impression que personne n'en a plus rien à branler). C'était davantage le système dont il était le symbole que sa personne qui était décrié.
Après, que les Martine ne soient pas très sensibles aux chansons et trouvent ça con, elles sont le droit. Sylvie a eu droit aux même critiques, sur sa voix, son talent, ses chansons connes. Et ?
Ce sont des stars générationnelles. Elles touchent plusieurs générations sur une période, mais on ne peut pas reprocher aux autres de ne pas se sentir concernés. Et oui, ces grands dadais de 40 ans qui chantent Rox et Rouky, ça peut étonner vu de l'extérieur.

On s'en branle nan ?
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sniv
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par sniv »

On parle de deux choses différentes, les gens qui ont tellement le droit de critiquer et c’est super. Oui, évidemment tout le monde a le droit de penser et de dire qu’untel est de la merde.
Le deuxième sujet est l’entourage, les gens qui viennent te dire que ton artiste c’est de la merde et qui peuvent comme dans le premier post t’expliquer pourquoi. Ça aussi, tu as raison, ils ont bien le droit et qu’est-ce qu’ils ont l’air sympas ces gens mais je pense qu’avec des amis pareils, on n’a pas besoin d’ennemis.
En fait, je prends ma position face aux gens qui vivent comme des putes ou des nonnes et je vois ma réaction en face : écoute et intérêt. Je ne suis pas là pour faire chier les gens avec ce qu’ils aiment ou comment ils vivent et quand je lis des témoignages de fans gentils, sensibles qui se retrouvent dans une position dénigrée par des proches pour leur goût Dorothée, je ne vais pas jusqu’à les défendre, faut pas pousser.
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Jonathan
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Jonathan »

Émancipez-vous du regard des autres ! A trop chercher leur approbation vous vous enfermez dans la culpabilité et le besoin de vous justifier.
Chacun est libre d’aimer, de regarder, d’écouter et de faire ses propres choix. Quant à ceux qui critiquent ou ne respectent pas les vôtres, dégagez-les de votre vie, vous verrez vous vous sentirez bien plus léger !

Sniv a bien résumé : la vie est trop courte pour s’emmerder à convaincre des cons.

Et pour répondre à la question : NON Dorothée n’est pas une personnalité clivante en 2026.
Dernière modification par Jonathan le jeu. mai 07, 2026 10:26, modifié 1 fois.
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Twisto
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Twisto »

sniv a écrit : jeu. mai 07, 2026 10:09 Le deuxième sujet est l’entourage, les gens qui viennent te dire que ton artiste c’est de la merde et qui peuvent comme dans le premier post t’expliquer pourquoi. Ça aussi, tu as raison, ils ont bien le droit et qu’est-ce qu’ils ont l’air sympas ces gens mais je pense qu’avec des amis pareils, on n’a pas besoin d’ennemis.
(...) quand je lis des témoignages de fans gentils, sensibles qui se retrouvent dans une position dénigrée par des proches pour leur goût Dorothée, je ne vais pas jusqu’à les défendre, faut pas pousser.
Je suis bien d'accord avec toi, mais on est sur un forum convenable.
On peut pas dire aux gens gentils et sensibles que leurs proches sont des cons et qu'ils devraient changer de proches. :lol:
On a le droit de le penser, mais on ne peut pas le dire.
On peut donc leur conseiller de s'en branler.

Après, je répondais surtout sur la question principale sur le coté clivant de la dame. Et je ne crois pas... Je trouve qu'il y a un respect de sa personne que montrent les réactions quand elle apparait, l'audience de Merci Dorothée. Ca a plus de poids que trois Martine sur les internets ou les proches toxiques de chacun.
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Krystopheoff
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Krystopheoff »

Je pense que ce qui est fascinant avec Dorothée, c’est qu’au fond, les débats autour d’elle n’ont jamais vraiment parlé uniquement d’elle. Ils parlent surtout de nous.

Parce qu’elle touche à quelque chose de très particulier : la frontière entre ce qu’on aime sincèrement et ce qu’on a socialement le droit d’aimer.

Pendant longtemps, aimer Dorothée demandait presque une forme de courage symbolique. Non pas parce que c’était marginal au sens numérique — des millions de gens regardaient le Club Dorothée — mais parce que culturellement, cet univers était constamment dévalorisé. C’était populaire, enfantin, bruyant, excessif, commercial, donc immédiatement suspect dans un pays comme la France où la légitimité culturelle passe énormément par la distinction intellectuelle. Pour le dire avec Pierre Bourdieu, le “bon goût” n’est jamais neutre : il sert aussi à se différencier socialement. Dire “j’aime Dorothée” n’était pas seulement un goût personnel ; c’était risquer d’être classé dans une catégorie jugée naïve, peu raffinée, voire ridicule.

Et je pense que beaucoup de gens ont intégré cette honte sans même s’en rendre compte.

C’est pour ça qu’il existe souvent ce paradoxe très étrange : des gens capables de pleurer à un concert, de connaître les chansons par cœur, d’être profondément touchés… mais qui, cinq minutes plus tard, reprennent le discours moqueur collectif pour se protéger. Comme s’il fallait immédiatement remettre une distance ironique afin de ne pas être “englouti” par l’émotion vécue. Finalement, ce n’est pas très différent de ce qu’Umberto Eco disait sur le kitsch : l’ironie devient parfois un mécanisme de défense contre la sincérité.

Or Dorothée, précisément, repose énormément sur la sincérité. Et c’est peut-être ça qui dérange encore aujourd’hui.

Parce qu’elle ne jouait quasiment jamais le second degré. Son univers demandait une adhésion émotionnelle directe. Dans une société contemporaine très marquée par le cynisme, le sarcasme et la maîtrise permanente de son image, quelqu’un qui assume frontalement la tendresse, la naïveté, l’affection pour les enfants ou l’émotion collective peut presque devenir embarrassant. On accepte facilement la nostalgie “cool”, rétromaniaque, esthétique. Mais une nostalgie réellement affective, qui nous reconnecte à notre vulnérabilité d’enfant, met beaucoup plus mal à l’aise.

Je crois aussi qu’il y a autre chose : Dorothée brouille des frontières que notre société aime maintenir très étanches. Celle entre enfance et âge adulte, déjà. Beaucoup de gens considèrent encore qu’un adulte doit abandonner certaines émotions ou certains attachements sous peine de régression. Comme si conserver un lien vivant avec son enfance était forcément suspect. Pourtant, les concerts de 2026 ont montré exactement l’inverse : des adultes capables de ressentir collectivement quelque chose de très fort, non pas malgré leur maturité, mais avec elle. Ils ne retrouvaient pas seulement des chansons ; ils retrouvaient une partie d’eux-mêmes.

Et ça peut être vertigineux.

Parce qu’en réalité, beaucoup de personnes n’ont jamais totalement fait la paix avec leur enfance, avec ce qu’elles ont aimé, avec ce qu’on leur a interdit d’aimer, ou avec le regard qu’on a posé sur elles à cette époque. D’où ce que tu évoques très justement : certains vont aux concerts presque comme à une réparation symbolique. Ce n’est pas “juste un concert”. C’est parfois la récupération d’une part de soi qui avait été humiliée, moquée ou empêchée.

Je pense aussi que le cas Dorothée révèle quelque chose de très français. Dans d’autres pays, la culture populaire de masse est souvent assumée avec moins de gêne. En France, il existe historiquement une méfiance envers ce qui plaît au plus grand nombre, surtout quand cela concerne les enfants. Comme si le succès populaire empêchait automatiquement la valeur artistique. Or avec le temps, beaucoup de choses autrefois méprisées ont été réhabilitées : la bande dessinée, les séries TV, les films de genre, les dessins animés japonais… Dorothée se situe un peu au croisement de tout ça. Elle a été l’un des vecteurs majeurs d’une culture populaire aujourd’hui largement reconnue, mais elle continue de porter sur elle le stigmate de cette époque.

Et paradoxalement, le fait qu’elle reste un peu clivante prouve peut-être justement son importance. Les figures culturellement insignifiantes ne déclenchent pas ce genre de réactions émotionnelles trente ou quarante ans plus tard.

Enfin, je pense qu’il faut arrêter d’opposer regard critique et émotion sincère. On peut parfaitement reconnaître les limites de certains aspects du Club Dorothée, certaines chansons faibles, certains fonctionnements télévisuels très industriels… tout en reconnaissant en même temps quelque chose d’énorme : l’impact humain réel qu’a eu cette femme sur plusieurs générations. Les deux ne sont pas incompatibles.

Et peut-être qu’au fond, ce qui dérange le plus certaines personnes, ce n’est pas Dorothée elle-même. C’est la vision d’adultes qui osent encore être profondément touchés par quelque chose qu’on leur avait appris à mépriser.
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sniv
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par sniv »

Oui et Bourdieu peut se croiser avec Goffman, pour se définir, on utilise ses goûts culturels tamponnés « valorisants » et pour s’élever face aux autres, quand la connerie domine vous m’excuserez, on s’écarte de son propre goût comme tu le décrivais parce qu’on croit qu’il faut maintenir sa face.
La sociologie mise à part, je rejoins Jonathan, quand on évolue et s’affirme, on sait nous que Dorothée n’a pas moins de valeur qu’une culture plus légitimée et qu’en personne mature, ce que nous écoutons ne nous place absolument pas en dessous de qui que ce soit. Sortir de ce carcan, c’est avoir de la personnalité et c’est vers ça qu’il faut aller. J’avais adoré Xavier Dolan à ses débuts, mettant Cannes et le cinéma d’art et d’essai à genoux. Au moment de donner ses influences, ses réponses se trouvaient bien plus du côté de Madame Doubtfire que chez Bergman.
Autrement dit, on les emmerde. Aimer un art, continuer de l’aimer, c’est être aligné, critiquer ses proches qui aiment, peu importe d’où ça vient, c’est problématique.
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Krystopheoff »

sniv a écrit : jeu. mai 07, 2026 12:02 Oui et Bourdieu peut se croiser avec Goffman, pour se définir, on utilise ses goûts culturels tamponnés « valorisants » et pour s’élever face aux autres, quand la connerie domine vous m’excuserez, on s’écarte de son propre goût comme tu le décrivais parce qu’on croit qu’il faut maintenir sa face.
La sociologie mise à part, je rejoins Jonathan, quand on évolue et s’affirme, on sait nous que Dorothée n’a pas moins de valeur qu’une culture plus légitimée et qu’en personne mature, ce que nous écoutons ne nous place absolument pas en dessous de qui que ce soit. Sortir de ce carcan, c’est avoir de la personnalité et c’est vers ça qu’il faut aller. J’avais adoré Xavier Dolan à ses débuts, mettant Cannes et le cinéma d’art et d’essai à genoux. Au moment de donner ses influences, ses réponses se trouvaient bien plus du côté de Madame Doubtfire que chez Bergman.
Autrement dit, on les emmerde. Aimer un art, continuer de l’aimer, c’est être aligné, critiquer ses proches qui aiment, peu importe d’où ça vient, c’est problématique.
Je trouve ton rapprochement avec Goffman hyper pertinent, justement parce qu’on sent très bien dans tout ça la question de la “mise en scène de soi”. Beaucoup de gens semblent vivre leur rapport à Dorothée dans une espèce de double mouvement contradictoire : émotion sincère d’un côté, puis immédiatement réinstallation d’un masque ironique pour protéger leur “face” sociale.

Et finalement, ce qui est troublant, c’est que ce mécanisme existe souvent davantage chez les adultes “cultivés” ou socialement intégrés dans certains milieux que chez les autres. Comme si plus on maîtrise les codes culturels légitimes, plus il devenait risqué d’aimer quelque chose considéré comme naïf, populaire ou enfantin sans second degré.

L’exemple de Xavier Dolan est d’ailleurs parfait parce qu’il casse cette hiérarchie culturelle artificielle. On fantasme souvent les grandes influences artistiques comme forcément nobles, austères ou intellectuellement impressionnantes, alors qu’en réalité énormément de créateurs sont nourris par des œuvres populaires, mélodramatiques, familiales ou jugées “mineures”. Et heureusement. Sinon l’art deviendrait un simple exercice de distinction sociale.

Je pense même qu’il y a quelque chose d’assez contemporain dans cette incapacité à assumer frontalement ce qu’on aime. Aujourd’hui, tout doit être filtré par le sarcasme, le recul, l’autodérision ou le meme. Dire simplement “ça m’a bouleversé” devient presque plus difficile que faire une analyse complexe. Comme si la sincérité émotionnelle exposait davantage que l’intelligence critique.

Et c’est peut-être aussi pour ça que les concerts de Dorothée ont provoqué des réactions aussi fortes. Parce qu’ils ont créé, pendant quelques heures, un espace où des gens ont arrêté de maintenir cette fameuse “face”. Les pleurs, les chants collectifs, les souvenirs qui remontent… ce n’était pas seulement de la nostalgie. C’était presque une suspension temporaire des mécanismes habituels de protection sociale.

Au fond, ce qui dérange peut-être certains observateurs, ce n’est pas tant Dorothée que la violence de l’émotion qu’elle continue de produire chez des adultes. Une émotion non ironique, non distanciée, non “coolisée”. Quelque chose de profondément premier. Et notre époque est paradoxalement très mal à l’aise avec ça.

Donc oui : “on les emmerde”, mais pas seulement dans le sens provocateur. Presque dans un sens philosophique. Assumer pleinement ce qu’on aime malgré le regard social, c’est peut-être une des formes les plus simples — et les plus difficiles — de liberté personnelle.
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Club D
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Club D »

Moi là où j'ai du mal c'est avec ce profil : une personne qui dit du bien par exemple de Dorothée et quelques secondes après va retourner sa veste parce que d'autres personnes sont arrivées dans la salle et qu'il vaut mieux "que Davy soit le seul a porter le costume de l'oisillon tombé du nid, faut dire qu'il le porte tellement bien". Et dire que ces personnes là sont de ma famille.
C'est ce qui me fait du bien quand je suis sur un forum. Lire les témoignages de véritables passionnés ça permet de se sentir moins seul. "C'est comme" percevoir le chant d'un oiseau rare dans toute la pollution sonore du quotidien.
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sniv
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par sniv »

Oui et je trouve qu’elle le mérite, qu’on le mérite, il y a comme une vérité à rétablir, quelque chose à réparer. Ça l’est entièrement quand après le concert, on continue de traiter ce goût et cette ferveur de la même façon, on lui doit et on se le doit. Si l’objet de la moquerie, le « fan » ne se sent pas concerné, le ridicule est instantanément renversé et renvoyé à celui qui croit exister par sa posture dominante.

Les gens coolisés, c’est si antinomique finalement. Provoquer ce genre de mal-être chez ses proches, rendre mal à l’aise est tellement une horrible manière d’être cool. Au collège, ce n’était pas possible d’être cool avec Bonheur City parce que la virilité, le second degré invisible dans ce répertoire comme tu disais et tant d’autres aspects ne vont pas avec l’adolescence publique. Mais aujourd’hui, y a plus rien à cacher dans sa chambre, sinon on leur donne raison à ceux qui pensent que ce qui est trop gentil, trop simple, trop joyeux et vrai aussi ne peut pas exister culturellement. Aujourd’hui, on peut être aussi cool que les sportifs avec un pin’s Dorothée sur sa veste. C’est bien plus rebelle de ne pas se plier à ce qui est dicté légitime que de rentrer inlassablement dans ce qui attendu, en particulier quand c’est si aligné avec ce qu’on aime.

Ça a l’air de rien mais d’un point de vue humain à humain, ça change beaucoup de choses. Et je ne parle meme pas du côté droit dans ses baskets, certainement pas à la merci des cons.
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Krystopheoff
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Re: Dorothée: une personnalité (encore) clivante en 2026?

Message par Krystopheoff »

Club D a écrit : jeu. mai 07, 2026 12:18 Moi là où j'ai du mal c'est avec ce profil : une personne qui dit du bien par exemple de Dorothée et quelques secondes après va retourner sa veste parce que d'autres personnes sont arrivées dans la salle et qu'il vaut mieux "que Davy soit le seul a porter le costume de l'oisillon tombé du nid, faut dire qu'il le porte tellement bien". Et dire que ces personnes là sont de ma famille.
C'est ce qui me fait du bien quand je suis sur un forum. Lire les témoignages de véritables passionnés ça permet de se sentir moins seul. "C'est comme" percevoir le chant d'un oiseau rare dans toute la pollution sonore du quotidien.
Je comprends très bien ce que tu veux dire, et je pense que c’est précisément ce dédoublement-là qui peut être le plus douloureux. Pas le désaccord sincère — ça, on peut totalement l’entendre — mais le moment où quelqu’un semble obligé de modifier son discours selon le public présent dans la pièce.

Parce qu’au fond, ça renvoie implicitement l’idée que ce qu’on aime devrait rester caché, ou du moins “géré” socialement. Comme si certaines émotions devaient être tolérées uniquement dans des espaces protégés, mais redevenaient honteuses dès qu’un autre regard apparaît.

Et ce qui est compliqué, c’est que ce mécanisme vient souvent de gens qui ont eux-mêmes été touchés. Ce ne sont même pas forcément des moqueries “extérieures”. Ce sont parfois des personnes qui ont ri, chanté, pleuré, vibré… puis qui réinstallent brutalement une distance ironique dès que le groupe change. Un peu comme si l’émotion vécue devenait soudain compromettante.

Du coup, oui, je trouve ton image de “l’oiseau rare” très juste. Les forums, certains groupes, ou même les concerts ont parfois cette fonction presque anthropologique : créer temporairement un espace où les gens n’ont plus besoin de négocier leur sincérité. Où l’on peut parler d’un attachement profond sans immédiatement devoir le désamorcer par une blague ou un masque social.

Et honnêtement, ce n’est pas anodin. Beaucoup de communautés de passionnés fonctionnent comme ça, pas seulement autour de Dorothée. Ce sont des endroits où des gens se reconnaissent mutuellement le droit d’être touchés par les mêmes choses sans devoir se justifier en permanence.

Je pense d’ailleurs qu’il ne faut pas sous-estimer à quel point notre société peut être violente avec l’enthousiasme sincère. Le cynisme est souvent valorisé parce qu’il donne une impression de maîtrise et d’intelligence. L’émerveillement, lui, expose. Quelqu’un qui dit “j’ai adoré” ou “ça m’a bouleversé” se met beaucoup plus à nu que quelqu’un qui ironise.

Donc quand on trouve des espaces où cette sincérité peut exister sans humiliation, forcément, ça fait du bien. Peut-être même plus de bien qu’on ne voudrait l’admettre.
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